Les maux du coeur

Ce blog est destiné à partager des écrits, poèmes, nouvelles, avec tout le monde

6 avril, 2009

Discours…

Classé dans : Liens,Textes — forcat @ 4:46

« Vous n’honorez pas vos ancêtres »,  cette phrase me lacère l’esprit, elle chatouille l’oubli qui m’enracine pour que je sache que le monde est un arc-en-ciel aux couleurs de nos douleurs.

Esclave…Esclave…Esclave… esclave… esclave !

Je ne suis pas esclave, ma peau n’a pas imprimé la servitude, la loyauté n’est pas mon devoir et la reconnaissance n’absout  en rien mes souffrances. Créole, je suis créole et rien d’autre, je suis infirme du passé de mes ancêtres puisque je ne suis pas esclave mais assimilé, les chaînes n’entravent plus mes pieds mais enchaîne mon émancipation. Le  leur de la civilisation n’a pas conduit la vie à travers les trappes de leurs bateaux, il a surtout anéanti, divisé, saccagé,  la communauté.

Mais si je ne suis pas esclave, je suis citoyen du monde sans couleur, sans frontière, je suis universel avec une culture une identité qui m’enracine partout et je suis affranchi de liberté. La colonisation a effacé ce qui faisait de moi la beauté à l’état pur car mes racines s’entrelacent, s’embrassent mais finalement jamais ne s’apprivoise. Peut-on racheter une dignité ? Peut-on briser le socle qui nous a uni pour nous momifier ? Moi je ne crois pas à l’absolu, ils ont utilisé l’HOMME comme outils parfait pour que l’OUTIL anéantisse l’HOMME et quand la gangrène a fait rage, ils ont utilisé les hommes comme des trophées.

Nous ne sommes pas plus humains qu’eux, ils ont gommé notre passé, pour ne pas laissé de traces de nos combats. Nous sommes cette complexité qui les anime et sans laquelle il n’y a pas de diversité. En clair, nous portons en nous les richesses de la civilisation et nous n’avons pas besoin d’artifices pour la transmettre à nos héritiers. Seuls les atrophiés sont restés sourds aux traditions, au rassemblement mais la marche victorieuse se fera sans eux.

 Moi je sais d’où je viens pourtant personne ne me l’a appris. Le monde regorge d’inégalité mais nous sommes l’inégalité même si nous ne connaissons pas l’interdit, nous sommes le fruit amer qui comble les saveurs Saurais-tu regarder l’horizon et ne pas voir le soleil se couché, nous sommes cette identité qui fige l’humanité, ce miroir qui emprute à chacun ses lauriers de victoires. Le temps a gardé confidentiel  la dignité des soldats pour éffacer les traces de leur popularité, mais les mémoires saines ont conservés leurs flambeaux. Les grains se sont éparpillés pour fleurir, ils ont fui le calvaire de la honte, celui où la servitude, la soumission, l’oppression à crucifié des âmes innocentes. Les champs fleuriront de soldats armés de bouquets, parés de sagesse, vêtu du drapeau de la paix solennelle, au son de la fanfare fraternelle.

Liberté, Dignité, Egalité, Fraternité, seront les étendards immortels qui accompagneront l’hommage funeste, en souvenir de la bravoure. N’éteins pas tes yeux, ils sont le plus beau miroir du monde, cette forteresse sainte qu’aucune âme ne peut trahir. Je voudrais que tu enfourche la haine pour l’engloutir jusqu’au dernier souffle dans les entrailles froides de la mort.

Je chevaucherai le cœur à nu, poitrine exhibée, pour recevoir dans ma chair l’empreinte de la liberté et je communierais les âmes interdites pour que renaisse la toison noire, mère nourricière de l’humanité. Je ne cueillerais plus le sel de tes lèvres, mais la chaleur de ton rêve.

Laisser un commentaire

 

Les Livres de Loïc ! |
UN PEU DE POESIE |
Franck Bellucci |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Mes mots...
| leidgens
| Une passionnée...à la plume...