Les maux du coeur

Ce blog est destiné à partager des écrits, poèmes, nouvelles, avec tout le monde

29 mai, 2009

Psychologie nègre

Classé dans : Textes — forcat @ 21:16

Je te pardonne de m’avoir oublié

je me pardonne de ne pas t’avoir appelé

je te pardonne de ne pas m’avoir écouté

je me pardonne d’avoir fermer les yeux

je me pardonne de t’avoir trompé

je te pardonne de l’avoir révélé

je me pardonne de t’avoir délaissé

je te pardonne de me l’avoir rappelé

je me pardonne de t’avoir embrassé

je te pardonne de t’avoir embarrassé

ma vie n’est qu’une succession infortune de maladresses et de désaccords

qui pourrait aimer la folie sans être lui même quelque part un peu fou

il n’y a pas de maladie pour l’amour

c’est un don qui vient du ciel

et moi je veux chaque jour me libérer des gardes-fous.

20 avril, 2009

Pour toi ma mère

Classé dans : Textes — forcat @ 4:46

Si mon plus beau rêve était ma mère, pourquoi a-t-il fallu que ma mère soit ma mère ? Cette eau limpide qui s’enfuit, ruissèle comme ma vie sans détours et sans oublis, à milles lieux de ce qui m’étourdit. Si ma mère était mon rêve, quel trésor aurait sa valeur ?

Mère créole qui m’a nourrit de son sein, je jouis chaque jour d’une vie que tu m’as donnée et je m’ennuis de voir le dur labeur qui t’amenuise. Si mon rêve était ma mère, chaque sourire aurait son éclat.

Négresse d’ébène, sa bouche semblable à une fleur, exalte mon bonheur. Sa peau velouté attire sans conteste mes caresses, son corps élogieux me rappelle qu’elle m’a enfanté. Pour celle qui dans mon coeur a su nourrir mes ruisseaux, je renais d’envergure quand elle fleurit dans mes pensées.

Négresse fertile, ta peau sapotille engendre le plaisir et combat avec hardiesse les blessures qui insurgent ta noblesse. Il n’est de terre en ce monde qui n’ait fleuri dans tes mains, ton labeur a nourrit tes enfants, ta fierté a combattu le mépris, ton hardiesse attendrit les rugosités de la vie.

Mais si mon rêve était ma mère, la source de ses yeux aurait tarie le torrent de flamme qui me dévore.
 

6 avril, 2009

Discours…

Classé dans : Liens,Textes — forcat @ 4:46

« Vous n’honorez pas vos ancêtres »,  cette phrase me lacère l’esprit, elle chatouille l’oubli qui m’enracine pour que je sache que le monde est un arc-en-ciel aux couleurs de nos douleurs.

Esclave…Esclave…Esclave… esclave… esclave !

Je ne suis pas esclave, ma peau n’a pas imprimé la servitude, la loyauté n’est pas mon devoir et la reconnaissance n’absout  en rien mes souffrances. Créole, je suis créole et rien d’autre, je suis infirme du passé de mes ancêtres puisque je ne suis pas esclave mais assimilé, les chaînes n’entravent plus mes pieds mais enchaîne mon émancipation. Le  leur de la civilisation n’a pas conduit la vie à travers les trappes de leurs bateaux, il a surtout anéanti, divisé, saccagé,  la communauté.

Mais si je ne suis pas esclave, je suis citoyen du monde sans couleur, sans frontière, je suis universel avec une culture une identité qui m’enracine partout et je suis affranchi de liberté. La colonisation a effacé ce qui faisait de moi la beauté à l’état pur car mes racines s’entrelacent, s’embrassent mais finalement jamais ne s’apprivoise. Peut-on racheter une dignité ? Peut-on briser le socle qui nous a uni pour nous momifier ? Moi je ne crois pas à l’absolu, ils ont utilisé l’HOMME comme outils parfait pour que l’OUTIL anéantisse l’HOMME et quand la gangrène a fait rage, ils ont utilisé les hommes comme des trophées.

Nous ne sommes pas plus humains qu’eux, ils ont gommé notre passé, pour ne pas laissé de traces de nos combats. Nous sommes cette complexité qui les anime et sans laquelle il n’y a pas de diversité. En clair, nous portons en nous les richesses de la civilisation et nous n’avons pas besoin d’artifices pour la transmettre à nos héritiers. Seuls les atrophiés sont restés sourds aux traditions, au rassemblement mais la marche victorieuse se fera sans eux.

 Moi je sais d’où je viens pourtant personne ne me l’a appris. Le monde regorge d’inégalité mais nous sommes l’inégalité même si nous ne connaissons pas l’interdit, nous sommes le fruit amer qui comble les saveurs Saurais-tu regarder l’horizon et ne pas voir le soleil se couché, nous sommes cette identité qui fige l’humanité, ce miroir qui emprute à chacun ses lauriers de victoires. Le temps a gardé confidentiel  la dignité des soldats pour éffacer les traces de leur popularité, mais les mémoires saines ont conservés leurs flambeaux. Les grains se sont éparpillés pour fleurir, ils ont fui le calvaire de la honte, celui où la servitude, la soumission, l’oppression à crucifié des âmes innocentes. Les champs fleuriront de soldats armés de bouquets, parés de sagesse, vêtu du drapeau de la paix solennelle, au son de la fanfare fraternelle.

Liberté, Dignité, Egalité, Fraternité, seront les étendards immortels qui accompagneront l’hommage funeste, en souvenir de la bravoure. N’éteins pas tes yeux, ils sont le plus beau miroir du monde, cette forteresse sainte qu’aucune âme ne peut trahir. Je voudrais que tu enfourche la haine pour l’engloutir jusqu’au dernier souffle dans les entrailles froides de la mort.

Je chevaucherai le cœur à nu, poitrine exhibée, pour recevoir dans ma chair l’empreinte de la liberté et je communierais les âmes interdites pour que renaisse la toison noire, mère nourricière de l’humanité. Je ne cueillerais plus le sel de tes lèvres, mais la chaleur de ton rêve.

 

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